| Le
handicap mental se définit sur base de deux critères
indépendants :
le niveau intellectuel et l’adaptation sociale
Le
niveau intellectuel - L’adaptation
sociale - Les conséquences
- Types de handicap -
Les besoins des personnes handicapées
LE NIVEAU INTELLECTUEL
La faiblesse intellectuelle est peut-être la seule
chose que les personnes handicapées mentales ont en commun
... tant les causes et les conséquences du handicap mental
sont diverses. Ce niveau intellectuel est mesuré par le QI
qui n’est qu’un chiffre, un score, un repère
: rapport entre l’âge mental (mesuré par un test)
et l’âge chronologique. Ce QI a permis d’établir
des classifications : handicap sévère - handicap modéré
- handicap léger qui permettent d’orienter les personnes
handicapées surtout pendant leur scolarité mais qui
ne sont pas très pratiques pour percevoir réellement
les capacités des personnes :
Il faut ne jamais oublier que face à un adulte handicapé
même le plus limité, nous avons affaire à un
adulte qui a une expérience de vie plus longue que son âge
mental ...le handicap mental n’est pas synonyme de bêtise
mais bien d’une intelligence n’ayant pas atteint sa
maturité.
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L'ADAPTATION SOCIALE
la phm présente une incapacité à rencontrer
les normes d’indépendance personnelle et de responsabilités
sociales attendues chez un individu à un âge donné,
dans un groupe culturel spécifique. Cette définition
donnée par l’organisation mondiale de la santé
nous parle ici des carences que présentent les phm quand
il s’agit de prendre leur vie en main :
-
par rapport au fonctionnement indépendant : l’individu
est-il capable de faire ce que la société attend
de quelqu’un de son âge;
-
par rapport à la responsabilité personnelle :
l’individu peut-il assurer avec responsabilité
son comportement;
-
par
rapport à la responsabilité sociale : l’individu
peut-il prendre ses responsabilités en tant que membre
d’un groupe.
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LES CONSEQUENCES
Le
diagnostic du handicap mental est souvent difficile à poser
dès la naissance sauf bien sûr dans le cas où
celui-ci est associé à des symptômes physiques
clairs.
Les premiers à devoir assumer les conséquences de
le handicap sont d’abord les parents et l’entourage.
Face au développement généralement beaucoup
plus lent : l’enfant marche plus tard, n’est pas propre,
ne voit pas le danger, l’acquisition de la parole reste limitée.
Les parents découvrent peu à peu que leur enfant à
un problème, que les rêves et les aspirations qu’ils
avaient pour lui doivent être revues à la « baisse
». C’est un choc, un drame, une révolte ... La
manière dont les parents font « assumer » ce
choc est très déterminante pour l’avenir de
la personne.
Les conséquences du handicap mental liées au développement
intellectuel font très rapidement mettre la personne en marge
:
-
scolarité différente;
-
apprentissage difficile de l’écriture et de la lecture;
-
perception différenciée de certaines réalités;
-
le développement cognitif c’est à dire l’acquisition
des réflexes causes- conséquences, d’un
raisonnement logique n’atteindra pas sa maturation. Bien
souvent, nous sommes confrontés à cette limite
dans le quotidien : il est à des concepts qui n’étant
pas acquis en temps voulus ne seront jamais intégrés
chez la personne.
Les
conséquences liées à l’inadaptation sociale
font poursuivre la marginalisation provoquées par les limites
intellectuelles :
-
difficultés
dans l’autonomie quotidien;
-
difficultés
de prise de décision;
-
difficultés
de communication.
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TYPES
DE HANDICAP
Le
handicap mental
Le handicap social
Le malade mental
Le
handicap sensoriel
LE HANDICAP MENTAL
Parfois, le handicap mental est associé à des troubles
du comportement : ces personnes dites caractérielles
sont parfois plus difficiles à gérer. Le caractériel
à une profonde difficulté à fonctionner de
manière positive, il se sent vivre lorsqu’il est en
conflit, lorsqu’il peut s’opposer. Nous avons parfois
constaté que le caractériel qui a une tendance à
«exploser» face à une contrariété
se trouve parfois plus calme quand il travaille sur une machine.
LE HANDICAP SOCIAL
Ce sont des personnes issues d’un milieu défavorisé
qui n’offre pas forcément les mêmes stimulations
intellectuelles et sociales. Leur modèle d’identification
va les «enfermer» dans un schéma de fonctionnement
qui ne leur permettra pas de structurer et leur raisonnement et
leur vie comme le souhaiterait la norme.
Généralement, après une scolarité chaotique,
ils apprennent très vite à se débrouiller par
eux-mêmes, à faire des petits jobs à droite
,à gauche ... acquérant ainsi souvent une certaine
compétence manuelle et technique qui font d’eux d’excellent
travailleurs
Mais leur difficulté à intégrer les exigences
d’une structure les rendent instables dans leur manière
de vivre et fonctionner.
La personne avec ce type d’ handicap vit très fort
selon ses envies, ses désirs, dans une satisfaction immédiate,
en étant rarement capable de faire des prévisions
pour l’avenir.
LE
MALADE MENTAL
Il s’agit là d’une personne qui ne présente
pas forcément un retard intellectuel ni une difficulté
sociale mais qui présente des troubles psychiques provoqués
par différentes raisons : échec scolaire, deuil, échec
sentimental, difficultés familiales etc.., ou alors simplement
sans raison, par « maladie ». Bien sur tout le monde
ne bascule pas dans la maladie mentale lors de ces événements,
pourquoi certains et pas d’autres ? Sans doute parce que la
personne à un terrain plus propice à cela, sans doute
aussi une personnalité plus fragile, parfois aussi des antécédents
familiaux favorisent l’apparition de ces maladie :
La schizophrénie, la paranoïa pour n’en citer
que quelques unes entraînent un dérèglement
complet d’un fonctionnement de l’individu : il ne pense,
ne rêve plus comme les autres, il vit dans un monde qui d’une
certaine manière le pousse à avoir des comportements
déviants
Stabilisées par la prise de médicaments (neuroleptiques),
ces personnes peuvent vivre, travailler mais souvent «plus
comme avant», la maladie mentale devient un handicap et nécessite
un accompagnement dans la vie quotidienne.
LE
HANDICAP SENSORIEL
Ce sont les personnes qui présentent soit un déficit
visuel soit un déficit auditif. Ces personnes à cause
de leur handicap sensoriel nécessite un autre type d’accompagnement,
leur perception des choses est bien sûr différente
de la nôtre et suppose une adaptation de notre part.
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LES
BESOINS DES PERSONNES HANDICAPEES
le besoin d’être aimé
Le besoin de sécurité
Un autre besoin est celui d’identité
Mais comment les intégrer
et pourquoi les intégrer ?
Pouvoir créer une structure
de travail répond à un besoin fondamental de la P.H
mentale
et permet une vraie réinsertion
Nous sommes parfois frappés par l’égocentrisme
des personnes handicapées, par leurs difficultés à
s’intéresser vraiment aux autres ...
Cette
constatation n’est pas une critique mais interpelle sur ce
que cache une telle attitude :
Cela ne révèle-t-il pas tout simplement le
besoin d’être aimé, d’être
reconnu. Nous avons bien sûr tous besoin d’être
aimé mais la personne handicapée qui est blessée
dans son intelligence ou dans son corps, a besoin que nous lui renvoyions
une image positive d’elle-même.
Notre regard sur elle lui dira la confiance que nous avons en elle,
lui dira que nous savons qu’elle est capable de telle ou telle
chose.
Elle a besoin d’être révélée à
elle-même en tant que personne à part entière.
Ce besoin d’être aimé et d’aimer est une
recherche de reconnaissance, d’acceptation par l’autre.
Ce besoin ne peut être réduit à un besoin purement
affectif : avoir un petit copain ou une petite copine est souvent
généré par ce besoin d’être unique
pour quelqu’un ... la vie affective et sexuelle sont 2 choses
distinctes.
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LE BESOIN DE SECURITE
Le besoin de sécurité est lié quand à
lui à une peur face à des événements
qui ne sont pas toujours bien compris ou perçus.
Nous avons aussi besoin de sécurité mais nous avons
nous la possibilité de nous accrocher à des certitudes
que nous avons expérimentées. La personne handicapée
généralement ne peut se raccrocher qu’à
des certitudes que son entourage va lui donner, il lui faut beaucoup
de temps pour les intégrer comme ses propres certitudes.
Par rapport à ce besoin de sécurité, il est
important que nous soyons stables dans nos attitudes avec les personnes
handicapées, nous devons avoir conscience qu’un bonjour
dit de manière moins chaleureuse un matin peut éveiller
une insécurité qui est synonyme d’une peur de
ne plus être importante pour la personne.
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UN AUTRE BESOIN EST CELUI D'IDENTITE
Un autre besoin est celui d’identité
: être quelqu’un par rapport aux autres, pour
les autres ...être celui qui est le spécialiste de
telle ou telle chose ...être unique une fois de plus...
Ce besoin d’identité est lié avec le besoin
de réussite ou plutôt avec le besoin de ne pas être
en échec :
exemple : Pascale V. qui a suivi l’enseignement spécial
« aide aux personnes », diplôme en main , elle
peut aller faire du bénévolat dans un hôpital
..on l’occupe dans des petites tâches quasi inutiles,
elle n’est même pas la 5° roue de la charrette ...Bref,
elle ne s’épanouit pas ...elle arrive un jour en ETA et elle découvre ses capacités, qu ‘elle est
capable de réussir un travail et que ce travail est bien
fait ...
C’est avec ces personnes là que nous avons décidé
et choisi de travailler. C’est pour ces personnes là
que nous avons décidé et choisi de créer une
structure.
On a évoqué tout à l’heure la question
de l’handicap physique. Il est clair que devant toutes ces
différences, intégrer quelqu’un avec un handicap
physique, quelqu’un qui a été amputé,
quelqu’un qui a une vue déficiente c’est extrêmement
complexe, parce que dans notre action nous aurons tendance à
assimiler ces personnes et à les considérer comme
des handicapés mentaux. Ce qu’ils ne sont pas.
Pour pouvoir répondre à une demande d’engagement
de sourds il nous faut nous adapter et apprendre le langage gestuel.
Le handicap caractériel et le handicap mental, même
s’ils ne sont pas nécessairement liés, sont
cependant 2 handicaps.
Pourquoi
ce concept de l’ETA,
de cette structure de travail pour la réinsertion ?
En fait il faudrait revenir un peu en arrière, pourquoi vouloir
réintégrer la P.H dans notre société
?
Pendant tout un temps la démarche de la Société
vis-à-vis de l’handicap mental a été
une double démarche : Soit une démarche d’intégration
dans un contexte social existant. Et c’est vrai que du temps
où nous étions dans une Société plus
rurale, quand on était dans un contexte plus en relation,
la P.H mentale pouvait trouver sa place, elle était vacher
dans une ferme, sacristain à l’église ... Il
y avait un tas de petits boulots dans la Société et
elle était intégrée de fait et ça ne
posait pas de problèmes majeurs. Ou on les cachait. C’était
la honte de la famille et on les laissait dans une pièce
isolée et on ne les montrait pas, on les disait dangereux.
On estimait que c’était une honte d’avoir généré
un individu anormal et on le cachait.
La Société moderne avec l’urbanisation accrue
a fait que ces 2 réponses n’ont plus été
satisfaisantes. L’intégration de fait, dans nos villes
modernes n’est plus possible. Quant à ceux qu’on
cachait, on les a d’abord évacués dans des structures
fermées, loin des villes. Et puis petit à petit, le
concept d’intégration au sein de la Société
est entré dans les esprits.
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Mais
comment les intégrer et pourquoi les intégrer ?
Le
« pourquoi» est une acceptation de la différence.
La Société a pris conscience de plus en plus que ce
n’est pas parce qu’on a un handicap qu’on ne peut
pas vivre en son sein. On s’est rendu compte que ces personnes
avaient aussi une identité à respecter. Il faut donc
les intégrer. On a alors créé des lois qui
disaient qu’il fallait prendre un pourcentage de P.H dans
les entreprises.
Manifestement ça n’a pas été satisfaisant
parce que la P.H mentale est différente et elle n’est
pas facile à gérer.
- On prenait l’exemple de Pascale tout à l’heure.
Pascale avant de faire un essai d’intégration dans
un hôpital, a fait un stage dans une compagnie d’assurance.
Elle devait servir le café aux pauses. En soi, quel boulot
merveilleux pour elle, et elle est tout a fait capable de le faire.
Ses parents étaient enchantés d’avoir trouvé
ce petit boulot adapté. Pourtant ce fut un échec.
Pourquoi a-t-elle raté dans ce petit boulot ? Parce ce qu’en
plus de la simple capacité, il faut un minimum d’intelligence,
de discernement. Pascale entrait dans les bureaux en pleine réunion
et interrompait tout le monde, ou bien se trompait régulièrement
de bureau, ne sachant pas faire la différence entre eux etc...Bref,
inévitablement elle s’est fait rejetée et a
été malheureuse parmi ces gens-là.
La réintégration dans le milieu traditionnel n’est
pas évidente....
C’est pour ça que des parents et des gens concernés
ont pensé qu’il fallait les occuper en leur donnant
un travail adapté dans un cadre qui lui aussi s’adapterait
à leur handicap, à ce qu’ils sont et à
ce dont ils ont besoins.
Au départ on s’est limité à des petits
travaux très simples : on a fait des petits coussins, des
fleurs en papier, des petits bricolages . Ils avaient l’intuition
que, par le travail, les P.H pouvaient trouver une identité
dans la Société. Par le travail, elles trouvaient
également une structure de vie. Elles devaient se lever le
matin à l’heure pour aller travailler et avaient toute
une journée structurée.
En leur donnant du travail, on leur donne d’abord une occupation
de leur temps et c’est extrêmement important pour eux.
On leur donne aussi d’appartenir à un groupe, elles
y trouvent des amis, d’autres comme eux. Elles trouvent aussi
un terrain de défis, de confrontation positive. Et puis aussi
une compensation financière.
Le travail peut leur donner tout ça.
Le travail est un lieu, à travers lequel nous pouvons donner
une réponse extraordinaire aux besoins fondamentaux de la
P.H.
Il est évident qu’en ETA,
ils trouvent une réponse à leurs besoins premiers,
comme le besoin de sécurité. Trouver un lieu structuré,
avec un service social, un accueil adapté, les cafés
aux pauses, le moniteur qu’ils connaissent bien etc...
Nous avons un atout particulier par rapport aux ateliers occupationnels
où il n’y a pas cette notion de travail. Quelle chance
pour nous d’avoir un règlement de travail : à
8h00 il n’y a pas à discuter, tout le monde se rend
sur son lieu de travail.
On a un contrat ensemble et on peut s’y référer.
Dans l’occupationnel, il faut tous les jours imaginer des
activités et subir ceux qui ne veulent pas suivre...
Un autre besoin primaire que nous avons tous, et les P.H tout autant,
c’est le besoin d’exister, d’être
reconnu.
Le travail leur donne, de manière extraordinaire, cette identité.
Ils ont leur poste de travail, ils ont leur carte de pointage, ils
existent, ils appartiennent à un groupe, à une section.
Ils sont reconnus comme travailleur, ils peuvent voir et être
fiers des travaux réalisés dans les jardins. Ils se
sentent importants.
C’est évident que par le travail, nous pouvons leur
donner une réponse extraordinaire à leur besoin
d’être accompagné, d’être
aimé. Ils ont un besoin fou d’être aimés.
Nous aussi bien sûr, mais à la différence de
nous, c’est qu’ils sont beaucoup plus dépendants.
Dans la poignée de main qu’on leur donne, dans l’écoute,
dans l’accompagnement, dans la tendresse, dans l’aide
qu’on leur donne, nous pouvons leur donner des réponses
à leur besoin d’être aimé.
Pouvoir créer une structure de travail répond à un
besoin fondamental de la P.H mentale
et permet une vraie réinsertion.
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