
Les
styles
Les
bonsaï que l’on voit dans la grande distribution,
de par leur mode de production possèdent un défaut
majeur (outre les grosses plaies bien souvent indélébiles)
: ils se ressemblent tous et ainsi nous aurions du mal à
parler d’Art à propos de végétaux
cultivés de manière non pas individuelle mais
de masse. Pourtant il existe une classification de styles
fondamentale que tout créateur de bonsaï ne
peut ignorer (on peut tout de même transgresser les
règles comme dans tout Art mais qu’après
son assimilation).
Bien
souvent un bonsaï fait partie de plusieurs styles distincts,
il n’existe aucune loi rigide dans la création
d’un bonsaï du point de vue esthétique.
La
création des styles renvoie constamment aux formes
des arbres dans la nature, les professionnels conseillent
d’ailleurs de ne pas s’inspirer d’autres
bonsaï pour leur création, mais directement
des arbres dans la nature.
Ainsi
le bonsaï ne cherche pas le mimétisme avec la
nature, mais l’évocation en miniature de la
puissance de l’arbre, il doit posséder l'essence
d’un grand arbre.
Les
styles ne sont pas classés par ordres d'importance,
cela étant sujet à controverse, néanmoins,
les premiers styles sont les plus courants.
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Quelques
styles majeurs de bonsaï
-
Chokkan
Tronc droit formel. Très apprécié
des puristes, la ligne que dessine le tronc est difficile
à obtenir, il doit en effet être conique
tout en restant parfaitement droit.
-
Tachiki
(ou Moyogi)
Tronc droit informel. Le tronc révèle quelques
courbes, il est parfois le résultat d’un
Chokkan raté, néanmoins, l’arbre peut
être très esthétique.
-
Shakan
Tronc incliné, comme penché par le vent.
-
Kengai
Tronc en cascade, il retombe en dessous du pot. De nombreux
arbres poussant à flanc de montagnes donnent l’impression
de “tomber dans le vide”.
-
Han-Kengai
Tronc en semi cascade, en général, le sommet
de l’arbre le plus bas ne dépasse pas le
bord du pot. On voit dans certains cas un autre sommet
qui monte mais reste cependant assez bas.
-
Bankan
Tronc tortueux s’enroulant sur lui-même en
torsade. C’est l’image populaire que les gens
se font du bonsaï, en France du moins : “un
arbre qui souffre”, il est vrai qu’il s’inspire
des arbres qui ont eu des difficultés dans leur
croissance.
-
Bunjingi,
style du “lettré”
Ce style se distingue fortement par rapport aux autres,
le tronc mince reste dénudé sur une grande
partie avant de montrer quelques masses de feuillages
uniquement dans la partie aérienne. L’ensemble
donne une impression de légèreté
et une grande élégance. Dans nos régions
on peut le comparer aux pins sylvestres ou au pins laricio
(pin de Corse).
-
Hôkidachi
En forme de balai, le tronc droit distribue tout le feuillage
à partir du même point (situé au tiers
ou à la moitié de l’arbre). Le feuillage
se répand de part et d’autre dessinant un
rond ou un ovale. Le Zelkova carpinifolia (ou Zelkova
serrata) est l'arbre représentatif de ce style
dans la nature, ainsi on le traite souvent ainsi en bonsaï,
sa ramification fine met en valeur ce style en hiver.
-
Fukinagashi
Battu par le vent, à la différence du Shakan,
les branches et le tronc expriment un même mouvement.
-
Neagari
Les racines sont exposées au dessus du niveau de
terre.
-
Sekijojû
Les racines enserrent la roche avant de plonger dans la
terre.
-
Ishitsuki
L'arbre (ou les arbres) est plantés dans la roche
(celle-ci contient de la terre).
-
Sabamiki
Tronc fendu et déchiré.
-
Sharimiki
Tronc écorcé à la façon des
arbres soumis à des catastrophes naturelles.
-
Nejikan
Le tronc partiellement tortueux, parfois enroulé
sur lui-même comme le fait le grenadier dans certains
cas.
-
Takozukuri
Le tronc et les branches sont sinueux.
-
Bonkei
ou Saikei
Paysages miniatures
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Troncs
multiples
Nom
donné en fonction du nombre de troncs : 1 : Tankan,
2 : Sokan, 3 : Sankan, 5 : Gokan, 7 : Nanakan, 9 : Kyukan,
+ de 9 : Tsukami-Yose. Les spécificités sont
-
Kabudachi
Tronc groupés sur une racine.
-
Kôrabuki
Troncs groupés sur une souche en forme de carapace
de tortue.
-
Nestsunagari
Plusieurs troncs sortent d’une racine sinueuse.
Les ormes créent souvent cet aspect dans la nature.
-
Ikadabuki
Tronc en radeau, l’arbre, couché par terre
crée de nouveaux troncs avec ses branches.
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Un
bonsaï (du japonais bonsai, parfois orthographié
à tort "bonzaï") est un arbre ou une
plante dans un pot. Ce mot signifie littéralement
une plante (généralement un arbre ou un arbuste)
cultivé sur un plateau ou dans un pot. Cet arbre
est miniaturisé en taillant et ligaturant ses branches
et ses feuilles. On le rempote régulièrement
afin de tailler ses racines à l'intérieur
et à la surface du pot (le nebari), afin d'en faire
une œuvre d'art esthétique ressemblant à
un arbre dans la nature.
Les
dimensions
Les
bonsaï sont habituellement regroupés en trois
catégories concernant leur dimensions, de nombreux
noms japonais distinguent avec précision les différents
paliers, mais on compte souvent « le nombre de mains
» qu’il faut pour porter le bonsaï, ainsi
:
-
Mame
ou Shôhin : bonsaï à une main,
de 5 à 15 cm, souvent très fascinant pour
l’amateur, on parle souvent de “mini-bonsaï”.
Cette taille restreint de manière importante le
nombre de variétés qui sont susceptible
d’être travaillé en mame, de trop grandes
feuilles qui seraient difficilement réductible
donneraient à l’arbre une disproportion inesthétique
(quelques variétés répandues : Buxus,
Lonicera nitida, Acer palmatum, Pinus pentaphylla, Ulmus
parvifolia, Juniperus chinensis, et Serissa, Carmona,
Portulacaria).
La culture est plus délicate que pour un arbre
plus grand, le pot à bonsaï étant de
petite taille, la terre va s’assécher très
rapidement et demande un soin constant, en été
par exemple où il nécessite plusieurs arrosages
par jour.
-
Kotate-mochi
ou Komono : bonsaï à deux mains,
de 15 à 60 cm jusqu’à 30 cm, puis
chùmono jusqu’à 60 cm est sans doute
le plus répandu chez les amateurs, sa taille permet
de travailler avec beaucoup plus de finesse la structure
et la ramification de l’arbre et ainsi donne plus
de liberté créatrice au bonsailliste. À
peu près toutes les variétés conviennent
à cette catégorie.
-
Ômono
: bonsaï à quatre mains (il faut
en effet deux personnes pour porter ces grands bonsaï),
de 60 cm à 1.20 m voire plus, était autrefois
au Japon un signe de la prospérité du propriétaire,
aujourd’hui, il reste un bonsaï imposant et
souvent vénérable par son âge.
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